Le riche passé de Lumio




6000 ans à 4000 avant notre ère

Dès la fin du VI° millénaire avant notre ère, la présence de l’homme à Lumio est attestée par les armatures de traits (pointes de flèche) à tranchant transversal attribuables au Néolithique ancien, rencontrées notamment au Braggaghju et au Monte Ortu et en quelques autres lieux de façon plus discrète.

C’est cette civilisation qui introduit sur l’île, dès cette époque, l’élevage de la chèvre, du mouton, du porc puis du bœuf, ainsi que des rudiments de l’agriculture avec la production des premières céréales.

Elle évolua peu à peu vers ce que l’on a appelé le Néolithique moyen, à partir du millénaire suivant, représenté sur la commune par les assises d’une hutte de forme subovalaire au Monte Ortu (fouille P.Neuville). A ce stade d’évolution, le bœuf, faisant désormais partie des troupeaux domestiques, était régulièrement consommé. Un peu plus tard, au stade suivant à A Fuata notamment, le même fouilleur a également mis au jour une autre cabane de même forme mais de dimensions bien supérieures (38m2 au lieu de 15).

Ainsi, devenus essentiellement producteurs (cultivateurs et éleveurs) tout en continuant à pratiquer quelque peu la prédation (cueillette, chasse et pêche en particulier), les groupes prévoyants, donc stockeurs, furent conduits petit à petit, pour lutter contre les convoitises de leurs voisins moins bien munis, à se replier, il y a un peu plus de 4000 ans, sur des éminences pouvant être sécurisées par l’organisation d’enceintes protégeant de véritables villages, dont on peut encore admirer d’imposants vestiges tant au Monte Ortu qu’à A Fuata.


L’âge du Bronze et du Fer

L’apparition des métaux ne fit qu’accentuer ce besoin de protection, d’où ce resserrement observé en direction des éperons rocheux, comme au Monte Ortu ou au Braggaghju. Sur le premier, deux structures d’habitations ont été mises au jour par M.Cl Weiss, l’une du Bronze ancien subcirculaire, l’autre du Bronze évolué de forme quadrangulaire avec fours et foyer parfaitement bien conservés. Sur le second, P.Neuville a pu étudier une structure de même forme ayant livré une occupation également du Bronze évolué ainsi qu’une autre de l’âge de Fer. Cette dernière construite en blocs cyclopéens est à ciel ouvert, donc visible à tout moment.

Sur l’ensemble de la commune l’on connaît, toutes civilisations confondues, une dizaine d’autres gisements, c’est dire la richesse en vestiges préhistoriques de celle-ci.

Pour les hautes époques historiques le territoire de la commune ne livre aucune trace des différents groupes de Lybiens, d’Ibères, de Ligures, voire de Phocéens, tout autant que d’Etrusques, de Phéniciens, que de Sarrasins, qui firent de nombreuses apparitions plus ou moins longues dans l’île. Cependant les incursions cruelles et dévastatrices de ces derniers sont à l’origine du repliement de l’ancien village de Spanu sur Occi. Le lieu-dit «Aliborni» nous a peut-être été légué par eux ?...

Par contre, le Chanoine Alberti, ancien curé de village, qui s’intéressait beaucoup à l’Histoire, aurait reconnu des vestiges romains aux abords du cimetière. Un lieu-dit voisin qui s’appelle toujours «I Bagni» aurait pu connaître une occupation balnéaire de cette époque, mais une vérification reste à faire. C’est à partir de 230 avant notre ère que les Romains occupèrent tout le littoral de la Corse.
Les Barbares et les Vandales n’ont pas laissé de traces, pas plus que les Lombards ou les Byzantins qui entreprirent de les chasser.


L’histoire au cours de notre ère

Un édifice religieux aurait été érigé après la donation de l’île au Saint-Siège par Pépin le Bref en 754, confirmée par Charlemagne en 774, à l’emplacement de l’actuelle Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul. Plusieurs éléments en remploi dans les façades sud et ouest de cette dernière d’époque pisane proviennent manifestement d’un édifice plus ancien.

La prise en main de l’Evêché de Corse par l’Evêque de Pise après l’abandon du Pape Grégoire VII, en 1077, conduira à l’érection non seulement de l’Eglise précitée dotée d’une magnifique abside à nef unique, mais aussi à la construction de celle de Sant’Ambroggiu di Spanu.

De l’occupation génoise datent l’Eglise de Santa Annunziata d’Occi, l’Eglise devenue l’Oratoire de Sant’Anton Abbé et les chapelles de San Niculaiu de Spanu, et de l’Annunziata de Lumio.

L’Eglise Santa Maria n’a vu le jour qu’après le rattachement de l’île à la France. Débutée en 1800, elle a été achevée en 1825. Le très beau et majestueux campanile n’a été mis en place qu’à la fin du XIX° siècle (1878/1884).


Bibliographie

Weiss (M.Cl.) (sous la direct.) -1988- La Balagne I (538p) et II (255p), Université de Corse.
Moracchini-Mazel (G) -1972- Corse Romane (281p), Editions Zodiaque, La nuit des temps.
Arrighi (P), Pomponi (F) -1978- Histoire de la Corse (126p), Presses Universitaires de France








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